L’EMDR intrigue, et c’est légitime : une thérapie qui traite les traumatismes par des mouvements oculaires, cela mérite qu’on se pose des questions. Si vous cherchez « EMDR risques » ou « EMDR avis négatif », vous trouverez de tout — du vrai, de l’exagéré et du faux. En tant que praticienne accréditée EMDR Europe, je vous propose un point honnête : ce qui peut réellement arriver, ce qui est normal, et ce qui doit alerter.
Une thérapie validée — mais pas anodine
Commençons par le cadre : l’EMDR est recommandée dans la prise en charge du stress post-traumatique par l’Organisation mondiale de la santé (2013), la Haute Autorité de santé (2007) et l’Inserm. Ce n’est pas une méthode marginale. Mais comme toute psychothérapie qui travaille sur des vécus douloureux, elle remue — et c’est précisément parce qu’elle agit qu’elle produit des effets secondaires transitoires.
Les effets secondaires courants après une séance
Dans le déroulé normal d’un traitement EMDR, il est fréquent d’observer :
- Une fatigue physique et émotionnelle, parfois intense, le jour de la séance et le lendemain — votre cerveau a fourni un vrai travail de retraitement ;
- Des rêves plus vifs ou perturbants dans les jours qui suivent : le retraitement se poursuit pendant le sommeil ;
- Une sensibilité émotionnelle temporaire — on pleure plus facilement, on se sent « à fleur de peau » ;
- Des souvenirs ou associations qui remontent entre les séances, y compris des éléments auxquels vous n’aviez pas pensé depuis longtemps.
Ces réactions sont non seulement normales, mais attendues : elles témoignent du processus de « digestion » des souvenirs. Elles s’estompent en général en un à trois jours.
L’« effet rebond » : quand ça remue avant d’aller mieux
Certains patients décrivent une intensification passagère des symptômes en début de traitement — c’est ce qu’on appelle parfois l’effet rebond. Un souvenir réactivé peut raviver de l’anxiété ou de la tristesse avant que la désensibilisation ne fasse son effet. C’est l’une des raisons pour lesquelles le protocole prévoit une phase de préparation de 2 à 4 séances : vous y apprenez des outils de stabilisation (lieu sûr, techniques de régulation) à utiliser entre les séances, précisément pour traverser ces moments.
De l’angoisse après une séance : normal ou pas ?
Une montée d’angoisse dans les heures ou jours qui suivent une séance de traitement peut arriver. Elle est normale si elle est temporaire et qu’elle s’atténue avec les outils vus en préparation. Elle doit en revanche être signalée à votre thérapeute si elle s’installe, s’intensifie ou déborde vos capacités de régulation : la cadence des séances ou les cibles de travail seront alors ajustées. C’est le rôle du cadre thérapeutique — vous n’avez pas à « tenir » seul.
Existe-t-il de vrais dangers ?
Le principal risque documenté de l’EMDR ne vient pas de la méthode elle-même, mais de sa pratique par des personnes insuffisamment formées. Ouvrir un vécu traumatique sans savoir le refermer, sans phase de stabilisation ni évaluation préalable, peut laisser un patient en détresse. C’est pourquoi le titre de praticien EMDR Europe est réservé aux psychologues, psychiatres et psychothérapeutes ARS ayant suivi une formation accréditée — et c’est aussi pourquoi je vous recommande de toujours vérifier la formation et l’accréditation du thérapeute que vous consultez.
Les contre-indications
Il existe très peu de contre-indications absolues à l’EMDR. Les situations qui demandent des précautions particulières — troubles psychotiques, troubles dissociatifs sévères, crise suicidaire active, certaines pathologies oculaires pour la stimulation visuelle (d’autres stimulations bilatérales existent) — relèvent d’une évaluation au cas par cas. C’est exactement l’objet de la phase de préparation : déterminer si l’EMDR est adaptée à votre situation, et à quel moment la commencer.
Comment limiter les risques
Trois réflexes simples : choisir un praticien accrédité (EMDR France / EMDR Europe), respecter la phase de préparation sans chercher à brûler les étapes, et parler à votre thérapeute de tout ce qui se passe entre les séances — fatigue, rêves, émotions. Dans ce cadre, l’EMDR est une thérapie sûre, dont les effets secondaires transitoires sont le signe qu’un vrai travail est en cours.